Chien adulte adopté en refuge qui ne revient pas au rappel

CISSE – Chien adopté qui ne revient pas au rappel

Avoir un chien trottait dans ma tête depuis quelques temps. L’opportunité de pouvoir l’emmener au travail, auprès de personnes âgées, fut le facteur déclenchant. Je n’avais pas de jardin, la résidence en avait un et il en profiterait.

Un jour de printemps, nous voilà parties, avec une amie phobique des chiens, à la SPA. Lequel choisir dans cette multitude abandonnée : celui qui était calme dans son chenil partagé avec d’autres, celui qui spontanément s’approchait de nous posant sa tête sous ma main tendue, avec un regard doux, celui qui lors de la promenade d’essai tirait comme un fou, mais comment lui en vouloir, quand on est un  croisé épagneul rarement sorti du  chenil ? Lui  qui ne provoqua jamais la peur de mon amie; lui qui, lorsque je voulais  réfléchir et que je le ramenais au chenil, s’agrippa à ma jambe et se blottit contre moi avec force.

Cisse m’adopta le 11 juin 2010, et à partir de ce moment intense je m’évertuais à l’apprivoiser.

Cisse s’adaptait bien à son nouvel environnement, jamais une bêtise, calme il s’appropriait peu à peu les lieux. Il émanait de lui, beaucoup de douceur; il cherchait à se rassasier de tendresse, réclamait les caresses à petit coup de museau sur nos bras. Famille, amis, résidents et collègues le trouvaient «  super cool ! », « super sympa » !

MAIS, il y a un mais, dehors lors des sorties quel changement! Cisse me promenait derrière lui, mes mains crispées sur la laisse, mes bras tendus. Je chutais plusieurs fois aux démarrages intempestifs dès qu’un vélo, un autobus, une camionnette apparaissaient. Si je le lâchais dans la campagne…. je pouvais m’installer sur l’herbe et patienter, le temps que « Monsieur Cisse » daigne me rejoindre.

Pourtant, nous sortions au moins 2 heures par jour avec laisse et longes, dont les longueurs pour qu’il puisse courir un peu, variaient avec le terrain. Mes jours de repos les  5 à 6 heures dans les bois et les prés, ne suffisaient pas à le canaliser. Je m’interrogeais : «  Vais-je pouvoir continuer avec lui ? ». Malgré sa gentillesse et son affection, malgré sa générosité et ma patience, je ne le maitrisais pas dehors. Il avait déjà été abandonné 2 fois et je l’aimais bien le bandit!

En désespoir de cause, je fis appel à Sandrine Otsmane . Très vite, elle évalua le potentiel de Cisse, et il en avait, cet animal-là ! L’allure des progrès le démontrait bien. Elle estima aussi ma personnalité et le rapport que j’avais avec Cisse. Elle savait aussi nos envies de réussir et de trouver un équilibre afin que lui et moi soyons contents. Grâce à elle, Cisse et moi avons réussi à communiquer, chacun avec son langage, mais ça passait bien. Jamais le brusquer, toujours  attentive à ce que je pouvais lui apporter, et lui me renvoyait bien l’ascenseur.

A chaque visite de Sandrine, qu’elle soit individualisée ou collective le dimanche, nous partions avec des objectifs et des actions à mettre en œuvre. La régularité du travail fait avec Cisse, tous les jours, et toujours les récompenses ( vive les croquettes savoureuses !) nous permirent rapidement d’évoluer positivement. Le suivi naturel , puis le rappel , ont été déterminants pour favoriser la relation maitre/chien.  Cisse progressait de jour en jour et chaque fois il apprenait et intégrait les nouveaux ordres, les nouvelles demandes.

La complicité, la connivence, s’installèrent entre nous; tout devint plaisir et Cisse exprimait  une joie  démonstrative.

Le moment arriva où je laissais tomber longes et laisses .A partir de ce jour, Cisse courait, gambadait, flairait en toute liberté.  Il revenait à mon sifflet et même sans, simplement pour voir si je suivais. Nous avions réussi. Nous nous régalions dehors et ça se voyait.

Il jouait comme un gamin, était câlin comme un chiot, il portait allègrement sa  bonne douzaine d’années, peut-être plus me dirent les vétérinaires, lorsque la maladie fulgurante l’emporta en quelques jours le 10 avril 2012.

 Gardons le souvenir d’un Cisse qui s’est « complètement éclaté » avec nous pendant ces deux petites années.

 

Odile Serre (77) (Seine et Marne)

 

 

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