Les personnes âgées seniors et leur chien ou leur chat

Une vidéo avec Sandrine Nataf-Otsmane sur la relation des personnes seniors avec leur chat ou leur chien. 

Le chien et la personne âgée (senior)

« Il n’existe qu’un seul bonheur, aimer et être aimé. » (George Sand)

La présence d’un chien auprès d’une personne âgée change la façon d’appréhender l’environnement et favorise l’établissement de liens émotionnels, entre autres de liens d’attachement, indispensables au développement de tout être vivant y compris l’humain. Le chien augmente l’estime et la confiance en soi, le contrôle de soi, apprend la pertinence des contacts tactiles et accroît la fréquence des interactions verbales. Des études montrent que les personnes âgées qui vivent avec un chien substituent la relation homme/chien à la relation homme/homme. 75 % des hommes et 67 % des femmes âgées avouent que leur chien est leur seul ami. Certaines personnes âgées hospitalisées sont prêtes à refuser des soins ou une hospitalisation pour ne pas être séparées de leur chien.

Pourquoi l’animal familier est-il si important ?

C’est auprès des seniors que le chien joue le mieux son rôle d’animal familier, puisqu’il n’y a pas ou peu de séparation quotidienne avec le maître qui n’a plus d’activité professionnelle. Des enquêtes révèlent que, plus l’âge des ménages augmente, plus la proportion d’animaux est importante. Le vieillissement humain accentue les difficultés relationnelles de l’individu. Les problèmes de communication avec autrui peuvent ainsi apparaître avec le départ à la retraite. L’animal apporte des bénéfices à toutes ces difficultés. Sa présence garantit au propriétaire le maintien d’une activité physique minimale, le chien est un facilitateur de lien social et constitue un repère stable dans la vie de la personne, il lui permet de conserver un contact avec la réalité quotidienne. Une étude montre que dans le cas de promenades du propriétaire autour de chez lui, dans 69% des cas, un passant a adressé la parole au propriétaire du chien, et les 2/3 du temps, le contact était une conversation.

Les effets positifs

Lors des sorties avec son chien, on rencontrera des gens avec qui il sera possible d’échanger sur notre animal et divers sujets d’actualités.

Lorsque l’on est seul à la maison, on peut parler avec son chien, un moment d’échange, le plus à l’écoute des deux étant le chien qui cherche à faire plaisir.

La communication est facile car les situations (repas, balade…) sont très répétitives.

Une communication très spécifique au chien et à la personne va se mettre en place, elle sera codifiée. Le chien arrivera parfois à comprendre des mots précis. L’aspect régulier et « rituel » du mode de vie des seniors amplifie la réussite de la communication.

Un atout pour faire de l’exercice

Une étude des États-Unis démontre que les femmes de plus de 70 ans, vivant sans conjoint, mais bénéficiant de la compagnie d’un animal, ont la même tension artérielle que les femmes de 25 ans ayant une vie sociale active.

On doit avoir une activité locomotrice : brosser son chien, se baisser pour mettre la laisse.

On doit sortir régulièrement son chien et donc s’obliger à se préparer, faire sa toilette, s’habiller.

On doit sortir pour acheter la nourriture du chien, se rendre chez le vétérinaire, etc.

Augmenter le contrôle de soi, de ses gestes, la pertinence des caresses où le chien apprécie d’être touché ou non.

Un atout pour entretenir sa mémoire

Faire appel à sa mémoire, par exemple en respectant les dates de soins pour le chien (vermifuges, vaccins, antipuces).

S’organiser : ranger les affaires de son chien au même endroit (laisse, collier, sacs pour les déjections, ses clés).

Rythme des journées : heures quotidiennes de sorties.

Un atout pour le moral

Une étude scientifique de 1975 a prouvé que des personnes âgées ayant côtoyé des animaux pendant une période de cinq mois présentaient une amélioration dans leurs attitudes sociales, une meilleure santé mentale et un sentiment de bonheur plus grand que ceux n’ayant pas côtoyé d’animaux.

Le chien offre une compagnie agréable, des activités plaisantes (exemple : sorties) et incite à l’exercice.

Le chien fait rire, procure du plaisir et de la détente, par exemple lorsqu’on le caresse ou qu’on l’observe, et apporte du changement dans la réalité quotidienne.

On est responsable à part entière d’un être vivant et de ses besoins au quotidien.

Caresser un chien apporte une sensation de bien-être et de détente.

Inconvénients

Un animal est un coût financier à budgéter.

L’amour possessif du propriétaire envers son chien peut conduire à la négation des besoins éthologiques de son animal. Le besoin d’exercice de l’animal est souvent ignoré, la personne refuse de lâcher son chien en liberté même dans des endroits sécurisés par peur de le perdre, elle refuse qu’il ait des contacts avec des congénères par peur d’éventuelles blessures et pour que son besoin d’amour inconditionnel et exclusif soit rassuré.

Après le décès du propriétaire, il n’est pas rare que le chien soit abandonné ou, pire, euthanasié par la famille parce que personne ne souhaite l’accueillir. Il est donc important que le propriétaire anticipe le devenir de son chien en cas d’hospitalisation ou après son départ.

Gérer la puissance et tenir en laisse un labrador n’est pas la même chose qu’avec un yorkshire, il faut donc se montrer cohérent dans le choix de son chien en fonction de sa forme physique.

Un chiot peut très vite se montrer épuisant, sorties toutes les deux heures, apprentissage de la propreté avec des accidents inévitables mais qui occasionnent plus de ménage et des risques de chutes pour la personne qui peut glisser.

Idée reçue

« Mes parents sont maintenant à la retraite et ils sortent peu. J’ai donc décidé de leur offrir un chiot pour les occuper. Est-ce une bonne idée ? »

Non ! Un chien doit être choisi et il ne s’offre pas en cadeau. Aller à la rencontre est une nécessité et un cheminement essentiel pour la relation homme/chien. En amenant un chien non choisi, peut-être pas désiré, vous mettez la relation en péril. D’autre part, certaines personnes âgées n’ont pas le souhait de (re)prendre un chien pour des raisons qui leur sont personnelles et qui doivent être respectées. Rien de plus désagréable que d’être infantilisé ou que l’on fasse à notre place des choix qui vont bouleverser des habitudes et un quotidien. Une personne âgée est une personne adulte responsable qui, si elle le souhaite, saura faire les démarches pour aller choisir un chien. Ce n’est ni aux enfants, ni à la famille de décider de cela pour eux. En voulant faire bien, dans cette démarche, on occasionne souvent beaucoup de problématique pour le chien non désiré et pour la personne.

Extrait du livre « Elever un chien en appartement » écrit par Sandrine Otsmane Educateur canin diplômé d’état et Comportementaliste chien et chat certifiée – Editions Larousse.

 

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