Les races de chien - Educateur Canin et Comportementaliste chien 75, 77, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et Province

Le type de chien que vous allez choisir est un point important. Les critères physiques ne doivent jamais être votre priorité. Les races de chiens ont toutes été sélectionnées pour une fonction définie ; au quotidien, les qualités de la race peuvent devenir de réelles contraintes. Mieux vaut être averti ! Un choix erroné risque de vous pousser à vouloir inhiber les comportements normaux de votre chien pour l’adapter à votre quotidien, ce n’est pas toujours possible. Pour éviter une erreur, vous devez connaître les spécificités du type de chien qui vous intéresse et vérifier qu’elles sont en adéquation avec votre mode de vie.

Quel type de chien ?

Il existe plus de 300 races de chiens, il est donc impossible de toutes les citer.

 

Chiens de bergers

Exemples : berger australien, border collie.

Ce sont des chiens sélectionnés pour rassembler les troupeaux de moutons et de bétail. Ils sont plus réactifs aux mouvements dans leur environnement (vélos, joggers…) et ont un grand besoin d’activités mentales et physiques. Si vous ne comblez pas leurs besoins, ils pourront très vite développer des comportements gênants afin de pallier ces manques. L’inactivité est leur pire ennemi !

 

Chiens de type pinscher

Exemple : pinscher nain

Les pinschers accompagnaient les cochers d’un relais à l’autre et vivaient avec les chevaux. Ils chassaient également les rongeurs (mulot, rats). Ce sont donc des chiens de petite taille qui font preuve d’une énergie débordante, très réactifs et qui ont une forte tendance à aboyer ! Ils ne resteront pas calmement sur vos genoux toute la journée pour de longues caresses.

 

Molossoïdes

Exemple : boxer

Le boxer, issu d’un croisement entre un bouvier dédié à la garde et un bulldog anglais, est un chien possédant des qualités d’un chien d’utilité. Longtemps utilisé pour chasser et abattre les ours, c’est un chien qui a du tempérament.

 

Chiens de montagne 

Exemple : chien de montagne des Pyrénées ou Patou

Ces chiens sont utilisés pour la protection des troupeaux contre les attaques des prédateurs (ours, loups). Les aboiements intempestifs dans les jardins ne sont pas rares. De plus, ces chiens peuvent se montrer possessifs avec leur propriétaire et leur espace de vie, ce qui peut compliquer les visites de personnes inconnues.

 

Chiens de type bouvier

Exemple : bouvier bernois

Les bouviers étaient à l’origine des chiens de garde et chiens de troupeaux, également utilisés pour tirer des petites charrettes chargées de bidons de lait. Ce sont des chiens d’utilité qui demandent donc un minimum d’activités.

 

Chiens de terriers

Exemple : jack russel

« Il y a une sorte de chien, que nous nommons terriers, car ils se glissent sous terre pour harceler et mordre le blaireau et le renard; et ils les déchirent en morceaux avec les dents, profondément sous terre, ou après les avoir tirés à la lumière. » C’est ainsi que le docteur Keyes décrit les terriers au xvie siècle, dans son De Canibus Britannicus Liber. Les terriers possèdent des qualités physiques et mentales particulières, ils ont été sélectionnés pour leur détermination, leur ténacité et leur rapidité ; si ces qualités sont utiles pour traquer les proies, elles peuvent s’avérer difficiles à gérer dans l’éducation.

 

Chiens de type spitz

Exemple : spitz nain appelé aussi loulou

Très populaire au début du xxe siècle, le loulou de Poméranie était appelé chien de concierge, sa présence dans la loge avertissait la concierge de toute présence d’un intrus dans l’immeuble. Les aboiements et l’excitabilité dans cette race sont donc fréquents, mieux vaut être averti.

 

Chiens de type primitif

Exemple : akita

Élevé à l’origine pour la chasse de gros gibier (ours, cerf…), l’akita est aujourd’hui utilisé comme chien de garde ou chien policier au Japon. Les chiens de ce type peuvent montrer une inadaptation aux conditions de vie et aux attentes du propriétaire, avec des problèmes de comportement (agressivité, peur…) À l’extérieur, ils s’éloignent volontiers de l’humain pour aller explorer, et, en balade, il n’est pas toujours facile de les rappeler.

 

Les chiens courants et de recherche au sang

Exemple : le beagle

Le beagle est un chien courant sélectionné pour la chasse au lapin, au chevreuil. Les chiens de ce type ont un besoin important de courir, la vie urbaine leur est difficile. Si le suivi naturel et le rappel ne sont pas travaillés très tôt, cela peut devenir problématique à l’extérieur. Par ailleurs, en cas de solitude, les hurlements à la mort ne sont pas rares.

 

Les chiens d’arrêt et leveurs de gibiers

Exemple : épagneul breton

Ce sont des chiens de chasse par excellence. Leur besoin de dépense physique et mentale est donc considérable. La vie en ville avec la contrainte de la laisse n’est pas pour eux ! Ils ont besoin de liberté et de grands espaces à découvrir et à explorer. Renifler est leur sport national, leur attention est donc plus difficile à obtenir.

 

Chiens rapporteurs de gibiers

Exemple : golden retriever

C’est un chien de chasse sélectionné pour ses aptitudes très spéciales à tout rapporter, particulièrement dans l’eau. Il prend très facilement tout en gueule. Quand il tient un objet en gueule, cet objet représente pour lui une ressource très importante, c’est comme s’il avait attrapé un canard, son instinct lui dicte de tout faire pour ne pas le laisser s’échapper. De ce fait, il peut se montrer parfois très possessif envers les objets ou jouets et avoir du mal à lâcher.

Autre exemple : barbet

Un chien de chasse de gibier d’eau qui apprécie les lacs, les rivières ou tout autre point d’eau. Il est utilisé dans certaines écoles de chiens guides d’aveugles. Le barbet est un chien peu connu du grand public, mais qui gagne à être connu dans les familles. Il perd moins de poils que d’autres races.

 

Lévriers

Exemple : petit lévrier italien

Ce chien, souvent représenté dans les peintures ou sculptures de la Rome antique, a un niveau de sensibilité un peu plus importante que d’autres chiens. Il a un besoin de grand confort en intérieur, les couvertures polaires, la cheminée, le panier près d’une source de chaleur, s’enfouir sous des coussins douillets, autant d’éléments garants de grands moments de bien-être. Sa course rapide incite très souvent les autres chiens à des jeux de poursuites de proie. Il faut lui accorder des espaces sécurisés pour s’adonner à ses courses indispensables.

 

Chiens d’agrément et de compagnie

Exemple : bouledogue français

Le bouledogue a été utilisé comme chien de combat contre d’autres chiens, contre des gros animaux ou des fauves (ours, lions, taureaux…) C’est donc un petit molosse !

Ne vous laissez pas abuser par la dénomination de ce groupe de chiens. Quelle erreur de nomination qui peut entraîner des déceptions et des désillusions de la part des propriétaires. L’agrément est la qualité de ce qui est agréable, destiné au plaisir, par exemple, un jardin d’agrément. À ce jour, aucune race de chiens ne peut être considérée d’agrément !

La race ne fait pas tout

Notre mode de vie a évolué, nos attentes envers notre chien familier sont très différentes dans nos contextes de vie actuels. C’est pourquoi les chiens issus de lignées de travail, dont la génétique a été sélectionnée pour les rendre plus performants dans leurs tâches, ont parfois du mal à s’adapter à l’environnement et au mode de vie qui leur sont proposés. Avons-nous aujourd’hui besoin que nos chiens possèdent des facultés développées pour la chasse ? Il faudrait créer un type de chien capable de s’adapter aux contraintes du monde actuel et réserver les chiens de chasse aux chasseurs et les chiens de travail aux utilisateurs.

Cependant, tous les chiens d’une même race ne sont pas équivalents. Dans ma pratique quotidienne d’éducateur canin et comportementaliste, si la race du chien me donne quelques éléments, je regarde le chien dans son intégralité ; je ne veux pas le cataloguer et mon unique priorité est de travailler en individualisant les demandes et de répondre à cette question : qui est ce chien-là ? dans cette famille et ce contexte là ? Il est toutefois nécessaire que vous ayez toutes les bonnes informations au départ, cela vous évitera des déceptions dans vos demandes et attentes si le chien ne peut y répondre et de comprendre pourquoi cette demande est difficile pour lui. si vous demandez à votre chien plus que ce qu’il est capable de faire, c’est son bien-être qui en pâtira.

 

Idée reçue :

Lorsque vous lirez ou entendrez dire qu’une race de chiens est gentille avec les enfants, que telle autre aime sa famille, ou celle-ci fidèle, sachez que cela n’existe pas ! Aucune race de chiens n’est programmée de cette façon. Cela dépendra de l’individu et de ses expériences vécues, donc de l’environnement, des conditions de développement à l’élevage et de ce que va vivre le chiot dans sa nouvelle famille. De la même manière, le gène de la méchanceté n’existe pas !

Stanley Coren, Professeur en psychologie, chercheur en neuropsychologie et instructeur en obéissance pour les chiens, a réalisé des tests sur plusieurs races canines pour évaluer leur capacité à apprendre de leur environnement pour résoudre des problèmes. Il a évalué les capacités en apprentissage et mémoire (répondre à des actions simples, réagir aux stimuli, se souvenir à court et long terme), en résolution de problèmes et en intelligence globale, c’est-à-dire la somme des deux précédents. S’il est prudent de ne pas considérer ces résultats comme une vérité absolue, ce travail montre néanmoins que toutes les races ne présentent pas les mêmes capacités d’apprentissage et de résolution des problèmes. Ainsi, les races de chiens de berger ou de bouvier prédominent en intelligence globale ainsi qu’en apprentissage et mémoire. En revanche, les terriers et les races primitives apparaissent plus souvent dans les résultats en résolution de problèmes. D’autres études ont montré que les types de chiens sélectionnés pour la garde présentaient une plus forte tendance à la défense de zones à l’intérieur de leur domaine vital et que la probabilité que le chien soit plus affirmé envers son propriétaire ou agressif avec les autres chiens augmentait chez certaines races. Nous ne parlerons pas de territoire mais de domaine vital dans lequel se trouvent des zones définies pour chaque activité (sommeil, isolement, repos, interactions sociales, alimentaire). Pour avancer la notion de territoire, il faut prouver que la zone définie est marquée et défendue en permanence par le chien.

Pour savoir dans quelles proportions l’intelligence des chiens est d’origine génétique, il faudra attendre les résultats de nouvelles études. Mais il est certain que des conditions de développement optimales et des propriétaires investis dès l’arrivée de leur chiot jusqu’à sa maturité développeront tout le potentiel du chien. Tous les chiens ont des capacités d’apprentissage incroyables, encore faut-il ne pas passer à côté dans des périodes essentielles où tout se joue.

 

Extrait du livre “Accueillir un chien” écrit par Sandrine Nataf-Otsmane paru aux éditions Larousse.

 

Sandrine Nataf-Otsmane Educateur canin professionnel expérimenté et diplômé du Brevet Professionnel Educateur canin, Comportementaliste chien et chat Certifiée, Formatrice au comportement du chien et du chat, Spécialiste des Relations Homme/Animal.

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